Pleins feux sur les colloques de l’Équipe au 88e congrès de l’ACFAS

Lundi 18 octobre 2021

L’Équipe s’engage annuellement à l’organisation d’un colloque dans ce grand congrès annuel. Cette année, l’équipe a tenu deux colloques.


Colloque 522 ACFAS 2021- Soutenir les apprentissages fondamentaux de l’enfant âgé de 3 à 7 ans dans différentes situations éducatives.
3 et 4 mai 2021

Ce colloque rassemblait des acteur(rice)s du groupe GIRAF de la haute école pédagogique – Vaud et de l’équipe de recherche de notre Équipe. Nous vous présentons certaines notions qui y ont été présenté ayant particulièrement retenu l’attention des participants.

Dans le cadre de leur présentation, Caroline Bouchard, Anne-Sophie Parent et Michèle Leboeuf présentent cette vidéo publiée par le CPE Joli-Coeur au sujet de l’éducation par la nature. Elles abordent également le document ALEX – Cadre de référence: L’éducation par la nature en SGÉE. Il est intéressant d’ajouter que l’AQCPE a diffusé une vidéo favorisant l’utilisation de ce document (Comprendre le cadre ALEX- 25 février 2021).

Durant la présentation intitulée Le collectif d’apprentissage : une structure pour soutenir et développer les apprentissages dans l’interaction (Maire Sardi et Kappeler, 2021), ces chercheurs utilisent l’expression ‘’habillage ludique‘’ pour décrire une activité académique qui s’inspire d’une activité de jeu. Il s’agit là d’une nuance intéressante au regard de l’idée répandue selon laquelle l’enfant apprend par le jeu.

Les acteur(trice)s s’engagent aussi dans une discussion sur le concept néo-vygotskien de jeu mature et d’autres concepts des travaux de Vygotsky qui auraient perdu de leur importance dans le cadre des traductions des travaux de ce dernier (Anne Clerc-Georgy a publié un article à ce sujet l’an dernier). Une invitation à consulter l’ouvrage, récemment publié sous la direction de Anne Clerc-Georgy et Stéphanie Duval aux PUL au Canada et chez Chronique Sociale en Suisse, Les apprentissages fondateurs de la scolarité. Enjeux et pratiques à la maternelle pour en découvrir davantage sur ces concepts.

Une autre discussion aborde le positionnement de l’adulte dans le jeu des enfants. On invite les praticiens désireux de réfléchir à leurs pratiques au regard de l’accompagnement du jeu à consulter l’article de Devi, Fleer et Li (2020). Certains chercheurs décrivent un continuum des différents rôles à jouer des adultes (Johnson, Christie et Wardle, 2005). Lemay, Bouchard et Bigras (2017) l’avaient d’ailleurs abordé dans le cadre d’un article de vulgarisation. Enfin, Bouchard et al. (2021) ont récemment publié un article au sujet des tensions qu’éprouve l’adulte entre soutenir et observer le jeu des enfants.

Au cours des deux demi-journées de ce colloque, certains thèmes émergent en convergence :

  • Le rôle de l’enseignement dans sa sensibilité, réflexivité et intentionnalité.
  • Une prise de conscience de la diversité des définitions et perception entourant les jeux symboliques, rendant son observation, son analyse et son soutien plus complexe.
  • Un questionnement se forme autour de la finesse de l’outil CLASS pour repérer ces éléments au regard du soutien à l’apprentissage.
  • Une réflexion fut soulevée en ce qui concerne une nuance théorique au regard des recherches scientifiques : un résultat statistiquement significatif est-il nécessairement significatif pédagogiquement?

Un aspect particulier de ce colloque est le choix du comité organisateur de tenir des présentations sous forme de Pecha Kucha; « (du japonais : « bavardage », « son de la conversation ») qui est un format de présentation orale associée à la projection de diapositives se succédant toutes les 20 secondes. Cette contrainte impose à l’orateur de l’éloquence et un sens de la narration, du rythme, de la concision, mais aussi de l’expression graphique » (communagir.org ). Il a initialement été conçu comme une solution aux présentations longues qui convainquaient peu rapidement l’auditoire. Ainsi, on le compare parfois le Pecha Kucha au haïku, un poème japonais court, mais très évocateur.


Colloque 520 ACFAS 2021 – Accompagner les praticiens en petite enfance et à l’éducation préscolaire : des exemples de projets concrets pour soutenir leur développement.
Vendredi 7 mai 2021

La plupart des documents de présentation des communications de ce colloque sont disponibles sur notre site Internet.

En introduction au colloque, Annie Charron présente 4 fondements principaux de l’accompagnement selon Colognesi et ses collaborateurs (2018).

  • L’accompagnement est soutenu par un réseau professionnel;
  • L’accompagnement s’organise autour de l’apprentissage formel et, surtout, informel;
  • L’accompagnement tient compte des talents des enseignants;
  • L’accompagnement est personnalisé et l’apprenant est responsable.

Nous vous partageons un extrait du mot de conclusion prononcé par Nathalie Bigras, directrice scientifique de l’Équipe, au sujet des tensions inhérentes à l’accompagnement?

« Bravo pour la qualité de toutes les représentations! Bravo pour la qualité du contenu, je suis aussi très impressionnée du travail sous-jacent de l’ensemble de ces projets, parce que l’on sait que travailler sur des types d’accompagnement, ça implique de travailler à la fois sur des concepts, mais aussi sur une forme pédagogique. […]

La première tension que j’ai constatée à l’intérieur des échanges qu’on a eus ce matin et des présentations, c’est une tension qui m’apparaît très forte entre les besoins individuels et les besoins collectifs. Donc, on a souvent relevé le fait que malgré qu’on croie à l’accompagnement collectif, il y avait un besoin d’individualisation des accompagnements de la part des enseignants et des éducatrices. […] Peut-être qu’elles reçoivent qu’on n’est pas suffisamment centré sur leurs forces et plutôt centré sur leurs difficultés. […] On a vu que lorsqu’il y avait des accompagnements collectifs qui permettaient d’identifier collectivement les défis, mais aussi les fiertés des participantes, ça paraissait particulièrement efficace sur leur sentiment de compétence et sur leur capacité de se remettre en action à l’intérieur de leur travail, donc de retrouver une sorte de valorisation de leurs forces d’intervention, mais aussi de leur profession. […]

L’autre tension me semble concerner la question suivante : « Est-ce qu’on s’intéresse vraiment à celles que l’on accompagne? Est-ce qu’on se demande qui elles sont? Qu’est-ce qu’elles souhaitent? Quelles sont leurs forces? Quel est leur sentiment de compétence en commençant les activités d’accompagnement? Quelles sont leurs émotions au regard de ces niveaux qui sont souvent catégorisés comme plutôt faibles, qui peuvent être un peu perçus comme étant « jugeant »? Cela pourrait peut-être expliquer pourquoi elles souhaitent une individualisation de l’accompagnement plutôt qu’une collectivisation de l’accompagnement. […] ?

Ce qui me semble émerger des différents dispositifs qui ont été présentés c’est le besoin de partager, le besoin de partager leur fierté, le besoin de partager leurs défis, le besoin de partager leurs difficultés et au regard de ce partage-là, développer un sentiment d’humanité commune, c’est-à-dire, on est tous dans le même bateau, on a tous les mêmes difficultés, on rencontre tous ces défis-là, soit à l’intérieur de notre intention professionnelle ou en essayant de mettre en place le soutien à l’apprentissage ou d’autres formes d’interventions. »

En terminant au sujet de ce colloque, il est à souligner que cette année le concours d’affiches s’est déroulé virtuellement, les étudiantes devaient enregistrer une capsule vidéo afin de présenter une affiche décrivant leur projet de mémoire ou de thèse.

Ces capsules sont accessibles sur la page concernant ce colloque sur notre site Internet.

Vous pouvez aussi consultez les résultats du concours d’affiches virtuelles.


Le 89e congrès de l’ACFAS se tiendra du 9 au 13 mai 2022 à l’Université Laval, Québec. L’Équipe organisera un ou plusieurs colloques, dont les thèmes sont à venir, ainsi que son traditionnel concours d’affiches pour les étudiant(e)s membres.

Serez-vous des nôtres!?
Alexandra Paquette, Nancy Proulx et Anne-Sophie Parent