Marie-Claude Pariseau
L’augmentation de la puissance d’agir de personnes enseignantes au préscolaire sur leur relation d’autorité avec leurs élèves au moyen de la clinique de l’activité
Unité : UQO, Doctorat en éducation
Courriel : parm42@uqo.ca

Texte de présentation

Comme bien d’autres avant moi, mon expérience comme enseignante au primaire s’est révélée frustrante et insatisfaisante. C’est pour mieux comprendre les sources de mon incapacité à concilier qui je suis avec une profession qui semblait pourtant en cohérence avec mes valeurs que j’ai choisi de poursuivre à la maitrise.

Mon intérêt de recherche est né un matin, en suppléance, alors que j’accueillais les élèves dans le couloir et que, devant leurs sourires sincères et leurs sympathiques « Bonjour Madame! », il me fallait mettre un doigt sur ma bouche, faire « SHHH! » et les menacer de « déplacer leur épingle dans le jaune » en cas de récidive, ce qui était à l’opposé de la manière dont je souhaitais les accueillir. Pour ma maitrise, j’ai donc mené une recherche phénoménologique sur la dynamique entre le soi et l’exercice d’autorité enseignante auprès de cinq enseignantes du primaire.

Cette recherche a fait naitre d’autres questions, relatives cette fois à « l’allant-de-soi » qui entoure l’utilisation systématique et uniforme de récompenses et de punitions, bien que cette pratique soit dénoncée (Archambault et Chouinard, 2022; Curwin, 2018; Jones et Jones, 2015; Mader, 2009). Parallèlement à ces questionnements, j’ai obtenu un poste de titulaire de classe à l’éducation préscolaire avec des enfants de 4 ans. Cette expérience m’a enfin permis de vivre la cohérence recherchée entre le « moi » et l’exercice de mon autorité enseignante, en raison de la latitude pédagogique offerte et de l’organisation du travail (l’évaluation par commentaires, le ratio adultes-enfants, l’horaire…). Par ailleurs, la philosophie éducative axée sur le développement global, ainsi que l’apprentissage par le jeu rejoignant précisément mes finalités éducatives, j’ai pu expérimenter la quête de l’autorité éducative (Robbes, 2016).

C’est précisément la confrontation entre mon expérience à la maternelle et l’analyse des résultats de ma recherche qui m’a donné envie de poursuivre au doctorat. Pourquoi utiliser des systèmes d’émulation? Est-ce un choix délibéré ou la profession enseignante est-elle toujours sous l’éthos de l’autorité traditionnelle, pourtant difficilement compatible avec un environnement éducatif de qualité? Alors que le personnel enseignant est de plus en plus aux prises avec des situations de travail à risque pour leur santé mentale, est-ce que prendre le temps de revisiter leurs conceptions de l’autorité pourrait favoriser leur bienêtre au travail ?

C’est cette dernière question qui a inspiré la conception de mon projet doctoral. En effet, ma participation au projet pilote de recherche-intervention portant sur la santé mentale du personnel enseignant me convainc de la nécessité de parler d’autorité enseignante. Ainsi, mon projet vise, par le biais de la clinique de l’activité, à ce que les personnes enseignantes à l’éducation préscolaire se redonnent du pouvoir d’agir sur les conditions qui structurent leur exercice d’autorité – donc qui le contraignent ou qui l’habilitent (Giddens, 1979) –, où l’autorité est vue comme une relation avec les enfants (Robbes, 2016). La clinique de l’activité permettrait de questionner le rapport subjectif que les personnes enseignantes entretiennent avec certaines normes scolaires, notamment la socialisation des enfants au préscolaire.

Finalement, mon enthousiasme à être dirigée par Christelle Robert-Mazaye repose sur des conceptions communes de l’enfant et d’une socialisation non normalisée ni normalisante ; David Benoit possède l’expertise requise pour m’appuyer dans le déploiement d’une clinique de l’activité. Cela dit, c’est surtout dans la poursuite de finalités de l’éducation communes que nous nous rejoignons, malgré des langages conceptuels différents, et qui souligne la pertinence de notre collaboration.

 

Novembre 2022

Unité : UQO, Doctorat en éducation
Courriel : parm42@uqo.ca

Texte de présentation

Comme bien d’autres avant moi, mon expérience comme enseignante au primaire s’est révélée frustrante et insatisfaisante. C’est pour mieux comprendre les sources de mon incapacité à concilier qui je suis avec une profession qui semblait pourtant en cohérence avec mes valeurs que j’ai choisi de poursuivre à la maitrise.

Mon intérêt de recherche est né un matin, en suppléance, alors que j’accueillais les élèves dans le couloir et que, devant leurs sourires sincères et leurs sympathiques « Bonjour Madame! », il me fallait mettre un doigt sur ma bouche, faire « SHHH! » et les menacer de « déplacer leur épingle dans le jaune » en cas de récidive, ce qui était à l’opposé de la manière dont je souhaitais les accueillir. Pour ma maitrise, j’ai donc mené une recherche phénoménologique sur la dynamique entre le soi et l’exercice d’autorité enseignante auprès de cinq enseignantes du primaire.

Cette recherche a fait naitre d’autres questions, relatives cette fois à « l’allant-de-soi » qui entoure l’utilisation systématique et uniforme de récompenses et de punitions, bien que cette pratique soit dénoncée (Archambault et Chouinard, 2022; Curwin, 2018; Jones et Jones, 2015; Mader, 2009). Parallèlement à ces questionnements, j’ai obtenu un poste de titulaire de classe à l’éducation préscolaire avec des enfants de 4 ans. Cette expérience m’a enfin permis de vivre la cohérence recherchée entre le « moi » et l’exercice de mon autorité enseignante, en raison de la latitude pédagogique offerte et de l’organisation du travail (l’évaluation par commentaires, le ratio adultes-enfants, l’horaire…). Par ailleurs, la philosophie éducative axée sur le développement global, ainsi que l’apprentissage par le jeu rejoignant précisément mes finalités éducatives, j’ai pu expérimenter la quête de l’autorité éducative (Robbes, 2016).

C’est précisément la confrontation entre mon expérience à la maternelle et l’analyse des résultats de ma recherche qui m’a donné envie de poursuivre au doctorat. Pourquoi utiliser des systèmes d’émulation? Est-ce un choix délibéré ou la profession enseignante est-elle toujours sous l’éthos de l’autorité traditionnelle, pourtant difficilement compatible avec un environnement éducatif de qualité? Alors que le personnel enseignant est de plus en plus aux prises avec des situations de travail à risque pour leur santé mentale, est-ce que prendre le temps de revisiter leurs conceptions de l’autorité pourrait favoriser leur bienêtre au travail ?

C’est cette dernière question qui a inspiré la conception de mon projet doctoral. En effet, ma participation au projet pilote de recherche-intervention portant sur la santé mentale du personnel enseignant me convainc de la nécessité de parler d’autorité enseignante. Ainsi, mon projet vise, par le biais de la clinique de l’activité, à ce que les personnes enseignantes à l’éducation préscolaire se redonnent du pouvoir d’agir sur les conditions qui structurent leur exercice d’autorité – donc qui le contraignent ou qui l’habilitent (Giddens, 1979) –, où l’autorité est vue comme une relation avec les enfants (Robbes, 2016). La clinique de l’activité permettrait de questionner le rapport subjectif que les personnes enseignantes entretiennent avec certaines normes scolaires, notamment la socialisation des enfants au préscolaire.

Finalement, mon enthousiasme à être dirigée par Christelle Robert-Mazaye repose sur des conceptions communes de l’enfant et d’une socialisation non normalisée ni normalisante ; David Benoit possède l’expertise requise pour m’appuyer dans le déploiement d’une clinique de l’activité. Cela dit, c’est surtout dans la poursuite de finalités de l’éducation communes que nous nous rejoignons, malgré des langages conceptuels différents, et qui souligne la pertinence de notre collaboration.

 

Novembre 2022