Colloque 538 ACFAS 2026 – Valorisation, attraction et fidélisation du personnel éducateur et scolaire : leviers et défis en contextes éducatifs.

Résumé
En collaboration avec l’Équipe de recherche Qualité des contextes éducatifs de la petite enfance et la Chaire de recherche sur la réussite éducative des enfants à l’éducation préscolaire, ce colloque vise à rassembler des chercheurs et chercheuses de différents domaines en provenance de diverses institutions afin de tenir un dialogue fécond sur les plus récentes connaissances scientifiques en matière de valorisation du personnel éducateur et scolaire, ce qui inclut le personnel enseignant, le personnel de soutien, le personnel professionnel et le personnel d’encadrement.
Que ce soit en petite enfance, à l’éducation préscolaire, à l’enseignement primaire et secondaire, à la formation générale des adultes et à la formation professionnelle, il importe de développer une meilleure compréhension des dynamiques et des processus rattachés aux enjeux d’attractivité pour les carrières en éducation et à la fidélisation du personnel scolaire. Ceci apparait d’autant plus essentiel que le contexte actuel en éducation est marqué par une pénurie du personnel éducateur et scolaire dans plusieurs corps d’emploi (Pelletier et al., 2025) et par un taux d’attrition préoccupant chez le personnel en période d’insertion professionnelle (Mukamurera et al., 2023).
La valorisation constitue un concept multidimensionnel, surtout lorsqu’il s’agit de considérer les facteurs qui influencent l’expérience de travail du personnel éducateur, du personnel enseignant, du personnel professionnel, du personnel de soutien et du personnel d’encadrement.
Ainsi, les communications présentées lors de ce colloque s’articuleront autour de trois axes ancrés sur la valorisation du personnel éducateur et scolaire :
- Leviers et défis liés à l’attraction et à la fidélisation du personnel scolaire;
- Stratégies organisationnelles qui soutiennent l’insertion professionnelle, la mobilisation et le maintien en emploi du personnel scolaire;
- Réflexions et constats sur la valeur sociale des carrières en éducation.
Les résultats de recherche présentés lors de ce colloque permettront de soutenir les orientations, les décisions et les actions des parties prenantes du milieu de l’éducation quant à la valorisation du personnel éducateur et scolaire et de suggérer des pistes pour les recherches des prochaines années.
Axe 1 : Leviers et défis liés à l’attraction et à la fidélisation du personnel scolaire.
Comment les conditions d’exercice du travail du personnel professionnel de l’éducation influencent-elles son attraction, sa rétention et sa valorisation ?
Carol-Anne Gauthier (Champlain Regional College – St. Lawrence) et Florence Côté (Université Laval)
Résumé
En 2024, 11,8 % des postes de professionnels (p. ex. psychologue, orthophoniste) étaient à pourvoir dans le réseau de l’éducation au Québec (Gouvernement du Québec, 2024). De plus, 31 % du personnel professionnel sondé songerait à quitter le réseau scolaire en raison des conditions salariales peu attractives, de la lourdeur de la charge de travail et du manque de reconnaissance (FPPE-CSQ, 2023). Cette communication présentera les résultats préliminaires d’une étude visant à comprendre les conditions d’exercice du travail du personnel professionnel afin de mieux le valoriser, l’attirer et le fidéliser. Vingt-six professionnelles et professionnels ont participé à des entretiens qualitatifs afin de mieux comprendre les conditions dans lesquelles elles et ils exercent leur travail (par ex. charge de travail, organisation du travail, relations avec les autres membres du personnel), ainsi que leur point de vue sur les enjeux d’attraction et de rétention du personnel professionnel scolaire. Les résultats préliminaires suggèrent que le contexte actuel (p. ex., le modèle de financement des services éducatifs complémentaires, la méconnaissance de leur rôle de la part des autres catégories de personnel) ne permet pas aux membres du personnel professionnel d’exercer leurs fonctions de manière satisfaisante, ce qui nuit ultimement à leur rétention.
Entre fidélité et départ : comprendre l’engagement des personnels de soutien et professionnels en milieu scolaire.
Marie-Christine Rivest (Université Laval), Louise Clément (Université Laval) et Marie-Michèle Roy (Université de Moncton)
Résumé
La réalité de travail des personnels de soutien et professionnels, où ces derniers sont essentiels au fonctionnement des écoles, demeure peu étudiée, malgré une augmentation des risques psychosociaux qui influencent leur engagement et leurs intentions de carrière dans un contexte de rareté de main-d’œuvre. Cette étude menée auprès du personnel de soutien (n=222) et du personnel professionnel (n=86), examine les liens entre trois formes d’engagement (affectif, normatif et de continuité) et trois variables dépendantes (satisfaction de vie, intention de rester et de quitter). Les résultats montrent que l’engagement affectif est associé, pour les deux groupes, à la satisfaction, la rétention et l’intention de quitter. Chez le personnel professionnel, l’engagement normatif est associé négativement à l’intention de quitter. L’engagement de continuité n’a aucune association significative. Ces constats soulignent la nécessité d’agir sur les leviers affectifs et normatifs afin de favoriser la stabilité et la rétention du personnel scolaire.
Valoriser autrement : le potentiel des reconnaissances non monétaires pour renforcer la fidélisation du personnel en milieu scolaire.
Deborah Andrade Torquato Schimidt (Université de Montréal), Shophika Vaithyanathasarma (Boston College Lynch School) et Genevieve Sirois (TÉLUQ – Université du Québec)
Résumé
Dans un contexte marqué par une pénurie de personnel scolaire au Québec, cette communication s’intéresse au potentiel des reconnaissances non monétaires comme levier de valorisation et de rétention. Le projet de recherche sur lequel elle s’appuie vise à identifier les formes de reconnaissance les plus prometteuses pour agir sur la rétention des enseignant·es, des professionnel·les et du personnel de soutien. La communication présentera les premiers résultats issus d’une enquête par questionnaire permettant d’examiner les liens entre les formes de reconnaissances non monétaires, la satisfaction au travail et l’intention de rester en poste. Nous discuterons également des implications de ces résultats pour le développement de politiques et de pratiques de gestion visant à renforcer l’attractivité et la fidélisation de toutes les catégories de personnel scolaire.
Axe 2 : Stratégies organisationnelles qui soutiennent l’insertion professionnelle, la mobilisation et le maintien en emploi du personnel scolaire (volet insertion professionnelle)
Camp d’été en langue innue : une recherche-action collaborative pour soutenir l’insertion professionnelle et le développement professionnel et identitaire d’enseignantes innues.
Joanie Desgagné (Université du Québec à Chicoutimi), Bernard Wentzel (Université Laval), Raphaël Gani (Université Laval) et Tshirnish Ingrid (ITUM)
Résumé
Cette communication vise à présenter le cadre théorique, la méthodologie et les résultats d’une recherche-action collaborative dans le cadre de laquelle cinq futur.e.s enseignant.e.s innu.e.s ont coplanifié et coenseigné une séquence d’enseignement à l’éducation préscolaire qui a pris la forme d’un camp d’été en langue et culture innues de deux semaines. À partir de données issues d’entretiens individuels prenant la forme d’activités d’autoconfrontation réalisées à la suite de la mise en œuvre de ce stage, nous mettons en exergue l’impact de la sécurisation culturelle sur le développement professionnel et la rencontre des besoins identitaires des étudiant.e.s autochtones en éducation. Ces résultats nous permettent de suggérer des avenues pour la décolonisation des stages universitaires en éducation et les leviers universitaires pour soutenir l’insertion professionnelle, la mobilisation et le maintien en emploi du personnel scolaire innu.
Soutenir l’insertion professionnelle de personnels scolaires dans des écoles en misant sur la recherche-action.
Mylène Leroux (Université du Québec en Outaouais), Stéphane Allaire (Université du Québec à Chicoutimi), Salem Amamou (Université de Sherbrooke), Julie Bazinet (Centre de service), Brigitte Gagnon (Université de Sherbrooke), Nancy Goyette (Université du Québec à Trois-Rivières), Jérôme Train (Université du Québec en Outaouais) et Jérémie Verner-Filion (Université du Québec en Outaouais)
Résumé
La situation actuelle de pénurie chez le personnel scolaire suscite divers enjeux. Une des pistes pour contrer ce phénomène est de miser sur le soutien à l’insertion professionnelle (IP) des personnels débutants, afin de favoriser leur rétention et persévérance. Alors que plusieurs mesures ont été développées à l’échelle des centres de services scolaires, en particulier destinées aux enseignants, encore peu de mesures concernent le personnel professionnel ou de soutien, et ce qui se fait au niveau des écoles est assez peu documenté.
C’est dans cette perspective que nous menons actuellement un projet de recherche-action pour accompagner des écoles dans le développement de plans de soutien à l’IP pour l’ensemble de leur personnel. Ce projet s’appuie sur un cadre conceptuel dans une triple perspective : la collaboration interprofessionnelle, les environnements capacitants, puis la psychologie positive.
Concrètement, nous accompagnons quatre écoles dans une démarche de recherche-action en vue de brosser un portrait de leur situation actuelle et désirée en termes d’IP, de se fixer des priorités et intentions, puis d’élaborer et de mettre en œuvre un plan de soutien à l’IP adapté à leur milieu respectif. Les premières étapes ont permis à chacun des milieux de mettre en place diverses mesures de soutien pour l’ensemble du personnel. La poursuite de la démarche en cours permettra de réguler l’action, puis de documenter des retombées de ce processus auprès des divers acteurs impliqués.
Critères favorisant la mise en place de pratiques collaboratives en soutien à l’insertion professionnelle : qu’en pensent les personnels scolaires ?
Virginie Chantal-Bossut (Université Laval), Érika Gauvin (Université Laval), Amélie Desmeules (Université Laval) et Bernard Wentzel (Université Laval)
Résumé
Marquée par une pénurie de personnel scolaire, la profession enseignante rencontre des défis d’attractivité et de rétention, surtout du côté des novices (Kamanzi et al., 2015; Tardif et Mukamurera, 2023). Ainsi, les enseignant·es novices doivent collaborer avec des agent·es scolaires multiples en vue de répondre aux besoins des élèves et d’affronter les défis de l’insertion professionnelle (IP) (Beaumont et al., 2011). Considérant que les pratiques collaboratives peuvent être soutenantes pour l’IP des novices (Ingersoll, 2012) et exercer une influence positive sur leur rétention (Smith et Ingersoll, 2004), notre projet a permis de documenter les perceptions du personnel-cadre, enseignant, professionnel et formateur issu de la formation initiale (n = 11) quant au travail collaboratif en soutien à l’IP. Prenant appui sur l’analyse de contenu (Krippendorff, 2013) des entretiens semi-dirigés et sur le concept de collaboration interprofessionnelle en milieu scolaire (Friend et Cook, 2010; Little, 1990), cette communication fera état de neuf critères d’efficacité (p. ex. expertises variées, clarification des rôles et des responsabilités, modalités des rencontres, avoir du temps suffisant) qui favoriseraient la mise en place des pratiques collaboratives.
Axe 2 : Stratégies organisationnelles qui soutiennent l’insertion professionnelle, la mobilisation et le maintien en emploi du personnel scolaire (volet pratiques collaboratives)
« On est UNE école » : Analyse systémique des pratiques collaboratives comme vecteur de rétention des personnels de soutien scolaire en services directs à l’élève au Québec.
Mélanie Lefrancois (UQAM), Laurence Tchuindibi (UQAM), Mariane Proulx (UQAM), Coline Lapasset (UQAM), Hélène Sultan-Taïeb (UQAM), Annie Charland (FEES-CSN secteur scolaire), Annick Gosselin (Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ)), Marie Laberge (Université de Montréal), Jean-François Labonté (SEPB Québec), Isabelle Mahar (SCFP-Québec), Marie-Eve Major (Université Laval), Julie Raby (UQAM) et Annie Vallières (Université Laval)
Résumé
Le secteur de l’éducation québécois fait face à une pénurie de personnel persistante, incluant les personnels de soutien scolaire en services directs à l’élève (PSSDE). Dans ces postes à prédominance féminine, des conditions de travail pénibles, dont une hausse de violence, une précarité d’emploi et un manque de reconnaissance contribuent au roulement et une faible attractivité. Une étude exploratoire auprès de personnels de services de garde scolaires a révélé que les pratiques collaboratives pourraient favoriser la rétention de ces postes clés.
Cette présentation expose des résultats d’une recherche-action partenariale et interdisciplinaire qui analyse les contextes, mécanismes et effets de ces pratiques auprès de sept catégories de PSSDE. Des données d’observations (n=3 écoles, 300 h) ont été triangulées avec l’analyse thématique d’entretiens collectifs (n=60) et des réponses aux questions ouvertes d’un sondage en ligne (n=3510).
Une vingtaine de pratiques collaboratives sont répertoriées comme des vecteurs de valorisation, de soutien ou de santé au travail. Elles dépendent de facteurs agissant comme ressources ou contraintes (ex. gestion inclusive, environnement bâti, rapports sociaux, gestion des horaires, accès à l’information, etc.) et impliquent certains ou l’ensemble des membres de l’équipe école. Ces résultats pourront soutenir la démarche réflexive d’écoles souhaitant s’inspirer de ces pratiques inspirantes pour attirer et retenir les personnels de soutien.
Collaborer pour valoriser ? Les conditions justes et essentielles du point de vue des éducatrices et éducateurs en milieu scolaire au Québec.
Julie Larochelle-Audet (Université de Montréal), Marie Solange Bugingo Murereyimana (Université de Montréal), Yue Huang (UdeM – Université de Montréal), David Croteau (Université du Québec à Montréal), Hana Zayani (Université de Montréal), Lyne Martel (Université de Montréal), Joanne Lehrer (Université du Québec en Outaouais), Corina Borri-Anadon (Université du Québec à Trois-Rivières) et Andréanne Gélinas-Proulx (Université du Québec en Outaouais)
Résumé
Les pratiques collaboratives en milieu scolaire, et plus particulièrement celles dites formelles, amènent des bénéfices à la fois pour le personnel scolaire et les élèves (Beaumont et al., 2011; Bigras et al., 2022; CTREQ, 2018). Alors que la reconnaissance du rôle éducatif des éducatrices et éducateurs de la garde scolaire au Québec demeure inachevée (Caron, 2016; Jeannotte et al., 2016; Lefrançois et Faust, 2023; Sorel Étienne et al., 2015), qu’en est-il de leur participation à ces pratiques collaboratives ? À l’aide d’un cadre d’analyse féministe du care (Hamrouni, 2012), notre communication documentera cette question à partir du point de vue d’éducatrices et d’éducateurs en milieu scolaire recueillis lors de groupes de discussion (n=16) et de questionnaires (n=79). Les premiers résultats de ce projet, réalisé dans le cadre du Programme de recherche pour la valorisation du personnel scolaire (FRQSC, 2023), permettront d’identifier les conditions essentielles d’une collaboration juste et valorisante, susceptible de contribuer à la reconnaissance et au maintien en emploi des éducatrices en milieu scolaire. Ils permettront aussi d’explorer, en lien avec la littérature existante, les principaux obstacles à cette collaboration. Les résultats seront enfin mis en perspective à partir du contexte sociopolitique actuel, notamment de nouvelles barrières aux pratiques collaboratives ayant émergé depuis la mise en place de ce projet de recherche-action.
Pratiques de collaboration interprofessionnelle à l’éducation préscolaire : un levier pour la rétention en emploi?
Julie Lachapelle (UQAM), Annie Charron (UQAM), Laury Bédard (UQAM) et Kathy Beaupré-Boivin (UQAM)
Résumé
La diversification des besoins des enfants à l’éducation préscolaire implique un processus de responsabilisation collective visant à soutenir leur réussite éducative (Lanaris et al., 2015), incluant les pratiques de collaboration interprofessionnelle (PCI), mais occasionne aussi des demandes importantes liées à une charge de travail et une charge émotionnelle élevées (Heilala et al., 2022). S’appuyant sur le modèle Job Demands-Resources (Bakker et Demerouti, 2014), cette étude, menée auprès du personnel enseignant (n=499), du personnel de soutien (n=270) et du personnel professionnel (n=124), vise à analyser l’influence des demandes (charge de travail et charge émotionnelle) et des ressources (PCI) à l’éducation préscolaire sur la rétention en emploi, via l’engagement, le sentiment d’appartenance et la satisfaction au travail du personnel scolaire. La modélisation par équations structurelles multigroupes révèlent que les demandes du travail sont associées négativement à la rétention en emploi via la satisfaction au travail et que les ressources sont associées positivement à la rétention en emploi via la satisfaction au travail, l’engagement et le sentiment d’appartenance. Ces résultats réitèrent l’importance non seulement de prendre en considération les demandes de l’emploi du personnel scolaire œuvrant à l’éducation préscolaire, mais surtout d’agir sur des leviers comme les PCI pour offrir plus de ressources au personnel scolaire et favoriser sa rétention en emploi.
Valoriser le personnel scolaire à l’éducation préscolaire par la collaboration interprofessionnelle : échos des milieux de pratique.
Annie Charron (UQAM), Julie Lachapelle (UQAM), Kathy Beaupré-Boivin (UQAM) et Laury Bédard (UQAM)
L’éducation préscolaire occupe une place centrale dans le développement global des enfants, mais les milieux scolaires font face à des défis importants, notamment la complexification des besoins des enfants, l’alourdissement de la charge de travail et les enjeux de rétention du personnel. Dans ce contexte, la valorisation du personnel scolaire constitue un levier essentiel pour soutenir le bien-être au travail et la qualité des services éducatifs. La collaboration interprofessionnelle apparaît comme une approche prometteuse pour répondre à ces défis, en favorisant la mise en commun d’expertises complémentaires au sein des équipes-écoles. Cette recherche vise à identifier les facteurs qui facilitent la collaboration interprofessionnelle à l’éducation préscolaire et examiner leur influence sur la valorisation du personnel scolaire. Elle repose sur une méthodologie qualitative menée auprès de huit équipes-écoles composées de directions d’école, d’enseignantes à l’éducation préscolaire, de personnel de soutien et de personnel professionnel. Chaque équipe a participé à un groupe de discussion semi-dirigé abordant six thèmes : l’engagement, le sentiment d’appartenance, la satisfaction au travail, la charge de travail, la charge émotionnelle et la rétention en emploi. Les résultats permettront de dégager les conditions et les pratiques de collaboration interprofessionnelle perçues comme favorisant la reconnaissance des expertises, le soutien mutuel et le sentiment de valorisation.
Axe 3 : Réflexions et constats sur la valeur sociale des carrières en éducation.
Représentation des carrières en éducation dans les médias québécois francophones en période de crise et de complexification du travail (2020-2024).
Emmanuelle Doré (Université de Sherbrooke), Karyne Gamelin (Université de Sherbrooke), Julie Larochelle-Audet (Université de Montréal), Frédéric Lepage (Université de Sherbrooke), Mathieu Bégin (Université de Sherbrooke), Caroline Letor (Université de Sherbrooke) et Mélissa Bissonnette (UQAM)
Résumé
Entre 2020 et 2024, des crises sociales traversent le domaine de l’éducation : pénurie de personnel, pandémie, grèves. Comment les représentations du travail du personnel éducatif ont-elles évolué pendant cette période? Cette étude (FRQSC, 2023) s’intéresse au discours médiatique sur le personnel de soutien, professionnel, d’encadrement et enseignant ainsi qu’à sa valorisation par des représentations (van Dijk, 2009) de leur travail. Un corpus de textes médiatiques est analysé, au moyen d’une analyse historique critique du discours (Wodak, 2015), afin de dégager et d’interpréter ces représentations discursives. Nous analyserons, dans une phase ultérieure du projet, l’évolution des représentations dans l’espace public et leurs effets sur le personnel de l’éducation. La communication présente les premiers constats de notre étude sur les représentations véhiculées par le discours médiatique. Ces résultats préliminaires montrent que ce discours reflète les récentes crises ainsi que la complexification du travail. Les représentations du travail enseignant y sont plus présentes et plus élaborées. En revanche, ces dernières s’avèrent plutôt négatives et stéréotypées ; par exemple, ce personnel est dépeint comme épuisé et soumis à diverses pressions.