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Présentation de Caroline Clavel, étudiante en psychologie sous la direction de Liesette Brunson et lauréate d’une bourse de mobilité internationale.

caroline clavel

 

 

J’ai débuté mon parcours universitaire par un baccalauréat et une maîtrise en psychologie clinique, en France avec un échange au Liban, dont j’ai été diplômée en 2013. Mon sujet de maîtrise était Sentiment d’identité des Français d’origine algérienne en contexte d’hétérogénéité culturelle. Par la suite, j’ai travaillé plusieurs mois au Liban, au sein de l’ONG locale Himaya, en tant que psychologue chercheuse en protection de l’enfance. J’étais notamment responsable d’élaborer un programme afin de préparer les enfants placés dans un centre, à réintégrer la communauté. Cette expérience a amorcé les prémices de mon doctorat puisqu’elle m’a fait découvrir l’univers de la recherche, alors méconnu pour moi.

 

Souhaitant me réorienter vers un domaine plus engagé politiquement et désirant avoir une action dépassant le champ du curatif (comme en psychologie clinique), je me suis tournée vers la psychologie communautaire. J’ai ainsi débuté un doctorat en septembre 2015. La psychologie communautaire est une discipline qui je pense correspond à la manière dont j’envisage ma profession : comme actrice de changement social. C’est une discipline qui allie engagement politique, valeurs fortes - telles que justice sociale ou pouvoir d’agir – modèle écologique et prévention/promotion de la santé.

 

Mes centres d’intérêt s’orientent principalement vers le domaine de l’interculturel. Mon sujet de thèse porte sur l’expérience des mères réfugiées au Québec et plus précisément sur l’analyse de la routine quotidienne qu’elles mettent en place au sein de leur famille (les défis qu’elles rencontrent, leurs objectifs parentaux, les valeurs qu’elles souhaitent transmettre, etc.). L’objectif de cette étude est d’identifier les besoins des parents réfugiés et de pouvoir, à terme, améliorer les services de soutien à la parentalité québécois.

 

En 2015, j’ai débuté un doctorat afin de me spécialiser en psychologie communautaire. Dans ce cadre, je suis spécifiquement formée au développement, à l’implantation et à l’évaluation de programmes dans le domaine de la prévention en santé mentale communautaire. Ma formation technique m’a permis de m’approprier des outils visant à soutenir des processus de collaboration avec des partenaires de terrain. J’ai ainsi pu mener de multiples focus group, mettre en place des comités consultatifs ou encore des recherches-actions visant le changement des conditions sociales et la réduction des inégalités de santé. J’effectue également ma thèse sur la routine quotidienne des mères réfugiées. Cette étude vise à mieux comprendre leurs réalités, afin d’améliorer les services de soutien à la parentalité auprès des réfugiés. Je mobilise pour cela des acteurs de terrain ainsi que des personnes réfugiées pour réfléchir ensemble à différentes pistes d’actions.

 

Je travaille actuellement comme agente de recherche pour le Centre d’expertise sur la santé des réfugiés, en collaboration avec le ministère de la santé québécois. Dans ce cadre, je suis responsable de coordonner l’ensemble des activités de transfert de connaissance à l’intention des professionnels de santé (communauté de pratique en ligne, colloque international, webinaires, recensions de littérature, etc.). J’ai également mené un focus group afin d’évaluer les services de santé offerts aux demandeurs d’asile. Cette expérience m’a permis de renforcer mes compétences en coordination de projet et d’acquérir des habiletés en infographie.

 

Enfin, je m’implique dans plusieurs activités de bénévolats. J’ai récemment été sélectionnée pour être Ambassadrice UNHCR afin de développer des projets de sensibilisation à l’intention de la population locale, sur les questions relatives aux réfugiés. J’ai également co-fondé et présidé l’association SINGA UQAM. L’association vise à créer des opportunités d’engagement et de collaboration entre les étudiants réfugiés et non-réfugiés afin de déconstruire les préjugés.

Mars 2019