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Présentation de Grandir en Forêt, une initiative de 1, 2, 3, Go ! Limoilou

« Va prendre tes leçons dans la nature. »   Léonard de Vinci

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Grandir en forêt. Ces mots évoquent toutes sortes d’images issues de nos univers réels, littéraires ou cinématographiques : le Livre de la jungle de Kipling, l’Enfant sauvage de Truffaut, la Vie fantastique de Ross, ou, plus près de nous, l’enfance de nos grands-parents et arrière-parents. Une approche moderne de l’éducation à la petite enfance, à la fine pointe des connaissances, ne saurait adopter une telle vision associée au passé, penseront certains. Détrompons-nous, car de plus en plus d’expériences et de travaux de recherches à travers le monde nous invitent à revaloriser l’environnement naturel comme contexte éducatif pour les jeunes enfants (voir la revue de presse et les références ci-jointes). Le projet Grandir en forêt, actuellement en implantation dans les quartiers centraux de la ville de Québec, puise à cette source.

 

Grandir en forêt est le fruit de la rencontre de quelques passionnés de la nature et de l’éducation à la petite enfance, inspirés par leurs propres expériences et découvertes, ici ou ailleurs (Allemagne, Canada [formation Forest- school], Italie, Norvège). Membres de la Table de mobilisation de l’Initiative 1, 2, 3, Go ! Limoilou, dont la mission est de mobiliser les acteurs de la communauté limouloise afin qu’ils s’engagent au profit des jeunes enfants et des familles, ces pionniers ont retenu l’approche d’éducation par la nature comme une réponse possible à certains défis rapportés dans le milieu : a) Chez les jeunes enfants : sédentarité, stress, agitation, déficits d’attention, retards de langage, cognitifs et socioémotionnels, etc. ; et b) Dans les services éducatifs à la petite enfance : qualité modeste des environnements et des interactions, pratiques de plus en plus influencées par une vision scolarisante de la préparation à l’école, collaboration parent-éducatrice.

 

Campé au cœur des quartiers centraux de la ville de Québec, le projet vise les objectifs suivants :

  • Permettre aux jeunes enfants d’avoir un contact fréquent et prolongé avec la nature, et d’y bénéficier d’interactions éducatives de grande qualité.
  • Engager un dialogue avec les familles et la communauté quant à l’importance pour les jeunes enfants de vivre des périodes récurrentes de jeu accompagné, en pleine nature.
  • Identifier les contraintes et conditions favorables à l’implantation de projets d’éducation par la nature en milieu urbain caractérisé par des indices élevés de défavorisation.
  • Expérimenter de nouvelles pratiques éducatives en contexte d’immersion en forêt et en explorer les différents effets.

 

Depuis les premiers pas en 2015, plusieurs étapes ont été franchies. Tout d’abord, devant le défi de recueillir des fonds pour un projet de plus grande envergure, certains partenaires ont décidé d’aller de l’avant et de vivre l’approche d’éducation par la nature à très petite échelle : en étroite collaboration avec leurs parents, les enfants et l’éducatrice du service de garde en milieu familial, Les Petits pois de Limoilou ont ainsi fréquenté le boisé du Domaine Maizerets tous les mercredis, d’octobre 2016 à juin 2017. Bien que les déplacements pour se rendre au Domaine avec l’équipement (notamment à pied et en autobus du RTC) aient constitué un bon défi, ces sorties hebdomadaires en forêt ont permis de confirmer la richesse des expériences vécues par les enfants.

 

Pendant cette même période, un comité de pilotage du projet a été mis sur pied, réunissant différents acteurs de la communauté. Il s’agissait de mieux définir les bases de l’approche d’éducation par la nature en milieu urbain et de réunir certaines conditions (obtention de certains soutiens financiers, recrutement de services de garde intéressés à prendre part au projet, organisation du transport, etc.) pour procéder à une expérimentation à plus grande échelle. Le projet a suscité un bel enthousiasme auprès de quelques services éducatifs à la petite enfance, et six d’entre eux ont décidé d’entreprendre l’aventure en septembre 2017 (trois services en milieu familial, deux CPE et un service de garde en milieu scolaire 4 ans).

 

Genf

 

 

L’éducation par la nature en 8 principes :

Une autre vision du temps : durée, fréquence, conditions météo

L’importance du lieu : environnement naturel et matériaux ouverts et polyvalents

Une vision particulière de l’enfant et de son développement global

Une pédagogie émergente, où les expériences éducatives émergent de manière spontanée, à partir des intérêts des enfants et des provocations faites par l’environnement naturel

L’importance du rôle de l’adulte pour des interactions de grande qualité (observateur bienveillant, co-explorateur, metteur en scène et accompagnateur)

Une approche collaborative et communautaire avec les parents et avec les membres de la communauté

La valorisation des risques sains

L’éveil d’une sensibilité écologique (écolittératie)

 

 

L’automne 2017 a été marqué par de nombreuses actions autour du démarrage du projet :

  • Journée de formation initiale (éducatrices, conseillères pédagogiques et bénévoles)
  • Organisation du matériel et du transport
  • Installation du camp de base au Domaine Maizerets
  • Six rencontres de parents (dans chacun des milieux participants)
  • Sorties en forêt bihebdomadaires (9 h-13 h), de fin septembre à mi-décembre : 56 enfants de 2½ à 5 ans
  • Quatre rencontres de codéveloppement avec les éducatrices
  • Animation d’un mécanisme en ligne de codéveloppement
  • Développement de stratégies de documentation pédagogique et de communication
  • Développement d’un plan d’évaluation (implantation d’un mécanisme de développement professionnel, qualité des interactions, etc.)

 

Le projet terminera un cycle annuel complet au mois de juin 2018. La réflexion quant à sa poursuite et à la pérennisation de l’approche d’éducation par la nature est déjà en cours. Elle sera complétée à la lumière du bilan qui en sera fait avec les différents acteurs : enfants, parents, intervenants des services éducatifs à la petite enfance, partenaires de la communauté et autres.

  

« … Je trouve que c’est un privilège pour eux de pouvoir explorer un espace naturel en suivant leur élan, leur curiosité et leur émerveillement.  Ce contact direct avec la nature est des plus bienfaiteur à plusieurs niveaux de leur développement global et de l’épanouissement de leur être.  Aussi, ce décloisonnement permet de retrouver un équilibre entre la vie urbaine et la nature.  Pour les enfants, c’est merveilleux de se sentir libres et encouragés à dépasser leurs limites, à grimper dans les arbres, à sauter dans l’eau et la boue, à toucher aux insectes. (…)  Mes enfants sont fiers et heureux de partir dans cette forêt remplie de découvertes, qu’ils apprivoisent, et qui leur permet de connecter avec ce qui est essentiel, leur lien avec la vie ! »

Mère de deux enfants participant au projet Grandir en forêt

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