Résumé de l'article:

Moss, P., Dahlberg, G., Grieshaber, S., Mantovani, S., May, H., Pence, A., … Vandenbroeck, M. (2016). The Organisation for Economic Co-operation and Development’s International Early Learning Study: Opening for debate and contestation. Contemporary Issues in Early Childhood, 17(3), 343–351.

 

Dans cet article, Moss et ses collaborateurs soulèvent certaines inquiétudes face au nouveau projet d’évaluation de l’éducation à la petite enfance chapeauté par l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), le International Early Learning Study (IELS).

 

Il y a près de 20 ans, l’OCDE entamait la première phase du projet Starting Strong, une étude comparative de l’éducation des jeunes enfants menée auprès de 20 pays. Les résultats de cette étude sont l’objet de la série de publications Petite enfance, grands défis.

 

Après quatre éditions de l’étude Starting Strong (Starting Strong I, II, III et IV), l’OCDE déploie aujourd’hui ses efforts à développer un nouveau projet de recherche visant à mesurer l’éducation à la petite enfance : le International Early Learning Study (IELS). La première phase de l’IELS devrait s’amorcer en 2017 dans 3 à 6 pays. Ce projet vise à évaluer chez les enfants âgés entre 4 ans et demi et 5 ans et demi différents domaines de compétences qui, selon plusieurs études, ont des effets positifs sur la vie de l’enfant à long terme, comme par exemple l’autorégulation, la litéracie, la numéracie, les fonctions exécutives, le « locus of control » ainsi que les habiletés sociales. Ces domaines seront répartis sous trois thématiques : 1) l’expérience en service de garde; 2) l’environnement d’apprentissage à la maison et 3) les caractéristiques personnelles de l’enfant. Dans les documents de présentation de ce projet, l’OCDE fait un lien explicite entre l’IELS et le Program for International Student Assessment (PISA), une mesure d’évaluation menée auprès des adolescents de 15 ans dans un grand nombre de pays.

 

Les auteurs du présent article, The Organisation for Economic Co-operation and Development’s International Early Learning Study: Opening for debate and contestation, indiquent qu’une recherche du type de l’IELS aura d’importantes répercussions pour les enfants, les parents, les professionnels du domaine, les décideurs politiques ainsi que l’ensemble des acteurs du milieu de l’éducation à la petite enfance. Selon Moss et al, le projet de l’OCDE devrait être plus largement publicisé et débattu dans la communauté de praticiens et chercheurs en petite enfance car il soulève, selon eux, plusieurs problématiques. Afin d’alimenter la réflexion sur ce projet, les auteurs présentent leurs réserves quant à la mise en place de l’IELS.

 

Ces réserves s’articulent autour de 1) la réduction de la démarche d’évaluation de l’éducation à la petite enfance à des aspects techniques, en laissant de côté l’aspect politique pourtant primordial à une telle démarche d’évaluation; 2) l’absence de description explicite de la perspective paradigmatique de l’OCDE dans le cadre de ce projet; 3) l’absence de prise en considération des critiques formulées quant à la démarche du PISA, projet d’évaluation sur lequel sont basés plusieurs fondements de l’IELS; 4) l’absence de prise en considération de la diversité en éducation à la petite enfance dans cette démarche visant principalement à normaliser et standardiser et 5) l’absence de prise de conscience de la position de pouvoir de l’OCDE à l’échelle internationale et des risques y étant reliés.

 

En conclusion, les auteurs invitent tous les acteurs du milieu à émettre eux aussi leurs commentaires face à ce projet de l’OCDE. Vous avez jusqu’au 19 novembre pour faire parvenir vos réflexions par courriel aux auteurs. Un résumé des commentaires reçus paraîtra dans le prochain numéro de la revue Contemporary Issues in Early Childhood.