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Résumé du projet ayant obtenu une bourse FQRSC

Caroline Bouchard, Stéphanie Duval, Lise Lemay et Annie Charron de l’Équipe
Christine Hamel et Anabelle Viau-Guay de l’UL (Faculté des sciences de l'éducation. Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage).
Marie-Hélène Leblond (conseillère pédagogique à l’éducation préscolaire à la Commission scolaire de la Capitale à Québec)

 

En maternelle 5 ans, l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la
maternelle 2012 révèle qu’un enfant sur cinq est considéré vulnérable dans le
domaine du langage (Institut de la statistique du Québec, 2013). Les résultats de
cette même enquête indiquent aussi que plus de garçons que de filles le sont, de
même que plus d’enfants issus d’écoles en milieux défavorisés. Considérant que le
langage oral constitue le socle sur lequel repose le langage écrit, lui-même
relié au rendement scolaire, on peut voir là l’importance de soutenir le
développement du langage oral et écrit des enfants dès le début de leur parcours
scolaire (Bodrova et Leong, 2007; Bodrova et Leong, 2011; Bouchard, Charron et
Cantin, 2011). Pour ce faire, le jeu symbolique constitue un contexte par
excellence, puisqu’il contribue à créer une zone proximale de développement pour
l’enfant, soit une zone dans laquelle ses habiletés langagières (orales et
écrites), sur le point d’émerger, sont constamment sollicitées et déployées
(Bédard et Brougère, 2010). Or, c’est lorsque le jeu symbolique est de niveau de
complexité supérieur (langage utilisé, planification du scénario de jeu, etc.)
que les bénéfices s’avèrent les plus grands pour l’enfant, de même que lorsqu’il
est intentionnellement guidé et enrichi par l’enseignant.e (Bodrova et Leong,
2012; Gronlund, 2010; Hirsh-Pasek et Golinkoff, 2009, 2015; Karpov, 2005;
Weisberg, Hirsh-Pasek et Golinkoff, 2013). Hormis ces constats empiriques, dans
la pratique enseignante, son pouvoir éducatif pourrait être sous-estimé, de telle
sorte qu’il ne serait pas sciemment utilisé pour soutenir le développement du
langage oral et écrit des enfants, d’où l’importance d’accompagner les
enseignants.es en la matière (Bishop et Adams, 1990). C’est d’ailleurs l’objectif
principal poursuivi dans ce projet, soit de mettre en place un dispositif de
développement professionnel collaboratif auprès de quinze enseignants.es (n = 15)
en maternelle 5 ans de la Commission scolaire de la Capitale afin de favoriser le
soutien du développement du langage oral et écrit des enfants en contexte de jeu
symbolique, à en analyser le déroulement et à en étudier les effets. Son
caractère novateur repose sur l’accompagnement des enseignants.es, notamment au
regard de l’énonciation d’un sens commun entre la recherche et la pratique,
nécessaire au soutien du développement du langage oral et écrit des enfants en
situation de jeu symbolique. La principale retombée de cette recherche-action
consiste en la bonification du soutien offert par les enseignants.es en
maternelle 5 ans en matière de langage oral et écrit des enfants en situation de
jeu symbolique. De même, des effets sont anticipés à la fois sur le langage (oral
et écrit) et le jeu symbolique des enfants. Il sera également possible
d’identifier les ingrédients efficients du dispositif de DP mis en place auprès
des enseignants à l’éducation préscolaire. Ces résultats pourront être
directement mobilisables en classe, en permettant à d’autres enseignants.es
d’intégrer ces mêmes pratiques auprès des enfants. Ils pourront être réinvestis
dans l’enseignement universitaire, les politiques et les grandes orientations
autour des programmes d’éducation préscolaire. Enfin, des retombées indirectes
sont également anticipées sur le rendement scolaire des élèves, présent et
ultérieur.