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Impressions et commentaires de Nathalie Bigras, Lise Lemay et Annie Charron qui ont bien voulu partager leur expérience sur leur intervention dans les commissions parlementaires du gouvernement du Québec. À la Commission des relations avec les citoyens du 16 janvier 2015 au sujet du Projet de loi 27 et à la Commission des finances publiques à l'Assemblée nationale qui portait sur le Projet de loi 28, le 11 février dernier.
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Le passage devant la commission des finances publiques sur le projet de loi 28 : tout un défi !

Les chercheuses Nathalie Bigras, Lise Lemay et Annie Charron soulignent que le principal défi est survenu lors de la commission parlementaire sur le projet de loi 28. Elles se sont retrouvées devant certains élus qui semblaient manifester peu d’ouverture ou d’intérêt pour les connaissances issues de la recherche au sujet de l’importance de léducation à la petite enfance de qualité et d’un accès universel. Comme professeures-chercheuses, elles ont plutôt l’habitude d’échanger avec des étudiants, des praticiens ou des collègues qui veulent connaître, mieux comprendre ou partager ces résultats empiriques. Elles ajoutent quil fut démotivant de présenter le fruit de tout ce travail à un ministre qui semblait ne pas écouter ce qu’elles avaient à dire. Elles ont perçu que ce processus était pour le gouvernement au pouvoir une étape obligatoire, mais qu’ils n’avaient aucunement l’intention de modifier quoi que ce soit. Ce fut une séance longue et pénible au cours de laquelle elles ont eu le sentiment de défendre, mais sans marquer de point.

Un autre défi relève du fait d’avoir eu à préparer un mémoire sur un sujet moins maitrisé, soit les effets appréhendés de la hausse des frais de garde. Elles ont donc fait un travail de recension des écrits en amont, ce qui a demandé beaucoup de temps aux membres de comité de travail, soit l’équivalent de deux semaines de travail à temps plein pour deux personnes.

La commission sur les relations avec les citoyens du projet de loi 27, un moment fort !

À l’issue de la commission parlementaire sur le projet de loi 27, les chercheuses indiquent avoir éprouvé un sentiment du « devoir accompli ». Depuis plusieurs mois, elles ressentaient un sentiment d’impuissance devant les nombreuses décisions politiques qui visaient le réseau des services de garde éducatifs régis à but non lucratif, alors que ces services sont reconnus comme étant associés aux plus grands bénéfices pour les enfants. Après un blitz de travail intense, ce sentiment de satisfaction était plus que bienvenu.

Le soutien des membres de la communauté des services de garde et des chercheurs sur les réseaux sociaux : énergisant!

Le processus de rédaction d’un mémoire d’équipe impliquant plus de cinq personnes demande beaucoup de temps et de travail. Par moment, les membres du comité de travail disent avoir été découragés par l’ampleur de la tâche. Deux jours avant la commission pour le projet de loi 28, la solidarité manifestée par des collègues de la petite enfance sur Facebook fut vraiment bienvenue. Les commentaires alors reçus ont eu un effet soutenant et vitalisant, rappelant ainsi aux chercheuses l’importance de ce travail pour l’avenir des enfants et des familles du Québec.

Enfin, la présence de leurs propos dans les médias (télévision, journaux) après leur passage à la commission du projet de loi 27 et les nombreuses signatures obtenues de nos pairs pour notre lettre au sujet du projet de loi 28 font aussi partie des moments forts. 

Nos conseils aux collègues qui voudraient tenter l’expérience :

D’abord, il faut y aller. Vous verrez que le fruit de vos efforts circulera au sein de diverses instances (médias, associations professionnelles, gouvernement, etc.). Puis, il importe de prendre de l’avance dans la rédaction du mémoire, car c’est une tâche colossale à effectuer. Enfin, il faut s’entourer de collègues. Il est beaucoup plus efficient et apaisant de s’attaquer à cet exercice avec d’autres chercheurs dont les forces sont complémentaires aux nôtres. De surcroit, le travail de recherche accompli pour les deux mémoires soit, les recensions des écrits seront très utiles au domaine de la petite enfance. C’est un exercice difficile et exigeant, mais il est de notre devoir en tant que professeur universitaire de faire circuler les connaissances au sujet de notre domaine de recherche. Le travail d’équipe est ESSENTIEL. Sans l’aide précieuse de tous les membres de l’équipe (chercheurs, collaborateurs, étudiants gradués et professionnels de recherche) les membres du comité de travail n’y seraient pas arrivées.